Vacances au bord du Lac – 19 décembre, Albisson, Ganio, Alu

Mes Choupinous,

 

J’ai passé des su-per-va-cances. Au bord du Lac. Pendant 6 jours.

Que c’était bon – c’était trop court – de s’y replonger…

J’ai vu beaucoup de Cygnes, beaucoup de Princes, beaucoup de Méchants.

Alors il va me falloir du temps et de la méthode pour te parler de tout ça. Mais je vais m’appliquer.

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A ma grande surprise, je ne t’avais jamais écrit après les 1ers Lacs de ma vie, en mars – avril 2015. Faut donc d’abord que je te raconte vite fait l’histoire (enfin vite fait, tu me connais : j’ai le sens de la synthèse, mais aussi le souci du détail…).

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Mathieu Ganio

C’est l’histoire de Siegfried, prince de son état, qui vit avec sa maman la Reine et son précepteur/référent paternel, Wolfgang. On le découvre ensommeillé : il rêve d’une jolie jeune fille poursuivie par un affreux mage aux ailes noires qui transforme la pauvre donzelle en cygne… Les festivités organisées pour son anniversaire le réveillent : il est grand maintenant, et madame Reine trouve qu’il est temps qu’il se mette au boulot (elle l’adoube et le couronne), qu’il se divertisse sainement (qu’il aille à la chasse) et bien sûr, qu’il se reproduise (il faut qu’il se marie, et vite fait).

Il est plutôt d’accord pour les deux premiers trucs, mais sa position est plus ambiguë pour le 3ème : les filles ne sont jamais assez bien pour lui, et on se demande assez vite si son oedipe pas digéré n’est pas plus tourné vers son précepteur que vers sa mère… Comme il est séduisant, Wolfgang…

Bref, il ne veut pas danser, il ne veut pas compter fleurette, on l’envoie donc chasser. Et voilà-t-y pas qu’il rencontre qui  ? La jeune fille-cygne de son rêve ! (mais est-il seulement bien réveillé ?) 

Tout guilleret, il va à sa rencontre ; elle, craintive, lui raconte tout de même son histoire : elle est la reine des Cygnes, jeunes femmes captives du vilain Rothbart, et seules l’union et la promesse de fidélité d’une jeune homme peuvent les délivrer de leur sort. Banco ! Si c’est une princesse, gentil Siegfried sera heureux de l’épouser ! C’est celle-là qu’il veut ! Elle, et pas une autre ! Il lui jure épousailles et fidélité. Tout à leurs cajoleries, le beau volatile reprend espoir ; mais le méchant Rothbart surgit et sépare les amoureux.

De retour à la cour, les festivités reprennent, et on lui présente six fiancées très comme il faut ; las ! Il affirme à maman qu’aucune ne lui convient, et se charge de les éconduire. C’est alors qu’arrive devinez qui ? La ravissante jeune femme cygne et son papa. Enfin, c’est ce qu’il croit, ce nigaud : elle a subitement un père qui lui est très attaché, a un chouia changé de caractère, et sa parure n’est plus immaculée, mais noir comme l’ébène… Mais bon, elle est belle, envoûtante, renversante – et son papa à l’air d’accord pour accorder sa main à Siegfried : jure-t-il mariage et fidélité à sa fille ? Mais oui ! A peine Siegfried a-t-il promis que les deux scélérats éclatent d’un rire sardonique et lui montrent au loin la pauvre Odette se débattant dans son infortune. Siegfried, dévasté, s’effondre. On ne sait si on le laisse évanoui, et donc encore dans ses rêves, ou mort de chagrin (on meurt très facilement de chagrin dans les ballets).

Le pauvre bambin reprend ses esprits pour le dernier acte. Les cygnes apparaissent dans une longue et merveilleuse plainte (je vous parlerai en détail du Corps de ballet, sans qui ce ballet ne serait rien), car la condamnation d’Odette les condamne aussi. Siegfried retrouve Odette un court moment, et tente de la convaincre d’échapper avec lui à Rothbart, mais la Reine des Cygnes se refuse à laisser périr ses compagnes à sa place. Rothbart finira par venir l’arracher des bras de son Prince, et dans un ultime combat, laissera Siegfried à terre derrière lui, terrassé.

Comme tu vois, ça fini bien (comme d’habitude). Il y a d’autres versions ou ça fini mieux, mais pas en France.

 

Bref, comme il faut bien choisir un angle, je vais développer par distribution maintenant.

Le 19 décembre, j’ai vu Amandine Albisson (Odette/Odile), Mathieu Ganio (Siegfried) et François Alu (Wolfgang/Rothbart).

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Amandine Albisson (Odile), Mathieu Ganio (Siegfride), François Alu (Rothbart)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que si j’étais contente de retourner enfin à Bastille après plus d’un mois d’abstinence, Amandine Albisson dans le rôle titre ne m’emballait que moyen-moyen, surtout après avoir vu la diffusion internet sur Médici.tv.

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Amandine Albisson et Mathieu Ganio

J’ai eu une très bonne surprise (et ce n’était que la première de cette série – Quoi je suis trop bon public ?).  Malgré un buste et une nuque encore un peu trop raide pour traduire la fragilité d’Odette, ces bras étaient bien plus beaux que la semaine précédente ; j’ai trouvé son jeu très crédible, même si, comme souvent avec Mathieu Ganio, les deux dansaient plus côte à côte qu’ensemble. Bien entendu, tonique et mutine, elle fait des merveilles en Odile.

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Mathieu Ganio

Mathieu Ganio est définitivement LE prince, son élégance n’a d’égal que la pureté de sa technique (Haaaaannnnn ! La façon qu’il a de mettre un genou à terre devant sa mère, dans une fente inégalée…). Toutefois, je le trouve beaucoup trop assuré et indépendant pour le personnage : ce prince-là n’a plus 18 ans. Il n’est plus l’élève de Rothbart, et ce côté « Tanguy » me gêne un peu. Il n’en demeure pas moins que le voir danser reste une véritable émotion esthétique. C’est propre, net, tellement classe…

A ses côtés, un tout nouveau modèle de Wolfgang / Rothbart, création (et le mot prend tout son sens dans ce cas) de François Alu. Alors que la rétine du spectateur est tamponnée par l’image inaltérable de Karl Paquette, glacial et cynique précepteur ou sorcier, François Alu offre un diable sexy et survolté qui, s’il est très différent, n’est pas pour autant à côté du personnage. Ce Wolfgang-là étourdit Siegfried, et Rothbart le terrasse par sa force physique, là où d’autres le font par la magie.

Là encore, ce qui m’a perturbée, c’est plutôt l’absence de différence d’âge ressentie entre les personnages. Le troublion a bien entendu usé de son charisme et de son énergie pour subjuguer la salle, et les ovations qu’il a reçues en témoignaient avec éloquence (triomphe n’est pas un mot trop fort – Alu déchaîne les foules).

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François Alu et Mathieu Ganio

Pour finir, je ne saurais trop vous conseiller la lecture des billets de mon amie Alina, qui sait si bien nous apporter un éclairage littéraire et philosophique du ballet (et tout ça de façon compréhensible, rends-toi compte !).

Bisous bisous, à la prochaine !

 

 

 

 

 

4 réflexions sur “Vacances au bord du Lac – 19 décembre, Albisson, Ganio, Alu

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