Relève (et marche)

Bon.

Je suis venue. J’ai vu. J’ai été vaincue.

Relève – Histoire d’une création – est un beau documentaire. D’abord parce que le titre n’est pas trompeur : ce n’est pas un manifeste pour l’empereur démissionnaire (enfin pas seulement), c’est bien l’histoire d’une création, avec ses créateurs – chorégraphe, assistants, et danseurs.

Peut-être est-ce l’obscurité et la tranquillité de la salle noire de mon petit CinéMontmo qui m’ont permis d’être attentive et captivée, alors que je n’avais jamais trouvé le temps de voir d’une traite la diffusion sur Canal +, récupérée par un BA.

La bande son aussi, moi qui d’habitude n’y suis pas sensible (j’ai pas d’oreille), qui porte, émotionnante (quoi ça n’existe pas comme mot ? Mon père le disait souvent pourtant). Sa rythmique, son dynamisme, galvanisante, envoûtante (clique, je t’en prie. Si ça se trouve, sur un malentendu, ça fait du son.)

 

Soyons honnête : plus les mois ont passé depuis l’entrée en fonction de Benjamin Millepied, plus j’ai suivi les frondeurs dans leur détestation du Patron. Sa mise à l’index de certains, ses têtes, l’attente de se voir courtisés par les Etoiles, qui attendent d’être traitées mieux que cela. Son esprit borné. Sa prétention. Sa façon de nier l’évidence et de croire qu’il peut tout renverser. Son allégeance aux chorégraphes américains, ses saillies ridicules sur la non-diversité de la troupe, sur l’école, l’excellence usurpée de la compagnie…

Benjamin Millepied, son sourire en coin, sa « prétention », son ambition, son sectarisme, son autoritarisme. Il agace.

Même si c’est lui qui a rendu accessible le soin directement dans la maison.

Même si c’est lui qui a changé les planchers dès son arrivée.

Même si il pense aux jeunes (mais certains jeunes seulement, alors que le ballet , c’est 154 personnes).

Et puis l’autre BM. Celui qui touche, qui émeut, qui séduit. Celui qu’on découvre dans le documentaire : l’homme imbu de lui-même, en fait pétri d’émotions et de doutes. Le patron généreux, qui veut être aimé, et qui pour ça sûrement se veut à l’écoute. L’ancien danseur qui connait les blessures, et qui frémit quand ses poulains n’osent pas dire leur douleur.

L’espoir qu’il a mis dans le coeur des jeunes (les châteaux en Espagne, qu’il ne leur a pas donné faute d’être resté…).

Les danseurs, si bien mis en images.

Les émotions.

La musique.

Le kiff.

Va voir Relève au cinéma.

Clique

PS : y a aussi un moment « Mon Dieu qu’chuis beau et qu’chais tout faire » où on le voit faire sa barre, tout seul. Ben il devrait la faire avec un prof, parce que le placement du bassin, si vous voulez mon avis (et si vous ne le voulez pas, vous l’aurez quand même), ça bouge un peu trop 🙂 🙂 🙂

Et en séquence humour, vous avez les yeux de biche affolée prise dans les phares des voitures de son adorable assistante, Virginia, toujours en train de lui courir après, déspérée par le manque d’écoute de son patron et le retard qui s’accumule  dans le planning (enfin ça, ça arrive à des filles très bien).

Bisous bisous !

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