Giselle…

C’est à peine croyable : je vous ai embêtés pendant un mois avec Giselle, et je ne suis pas capable de vous en parler… C’est paradoxalement sans inspiration aucune que je tente d’achever cette petite revue… La descente, sûrement… Bref, cet article ne sera jamais fini, et en mauvaise élève, je vais le publier quand même, au moins pour les photos jolies glanées ici et là…

Balletomane sur le tard, je n’avais jamais vu Giselle (en vrai), son dernier passage à Garnier datant de 2009. J’étais un peu étonnée par l’excitation de mon petit groupe d’amis des réseaux sociaux, qui semblaient tout particulièrement excités par cette série.

J’ai compris. Giselle m’a conquise, moi aussi…

Du 27 mai au 14 juin dernier, le Ballet de l’ONP a repris Giselle, chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot, musique d’Adolphe Adam.

Pour certains, Giselle, c’est l’histoire d’amour d’une petite paysanne pour Albrecht, joli prince menteur, qui, se faisant passer pour moins noble qu’il n’est, lui fait croire à son engagement. Le garde-chasse, Hilarion, aime jalousement Giselle ; il découvre la supercherie et confond Albrecht. Folle de douleur (et fragile du coeur), Giselle en perd la raison et meurt (vous noterez que cette fois-ci, ils n’attendent même pas la fin pour qu’elle meure).

L’acte 2 nous montre la peine, et parfois le remords de ces hommes que les Wilis, fantômes de jeunes filles trahies, vont pourchasser pour les mettre à mort à force de danse. Giselle, âme charitable autant qu’elle était naïve, pardonnera Albrecht et parviendra à lui sauver la vie, dansant avec lui pour attendre l’aube salvatrice qui disséminera les Wilis.

Cette lecture est un peu réductrice, et je ne saurais trop vous conseiller les excellents billets de mon amie Balletomane Anonyme Alina (lisez, c’est édifiant !) Elle en dit bien plus, et bien mieux que moi (elle est prof de philo, et super gentille ! Et on comprend quand elle parle. Enfin, en général).

Moi, si je ne suis pas assez futée pour mettre en mots, et même percevoir tout ce que dit si justement Alina, je peux vous parler des émotions que suscitent ce ballet.

Elles sont, à mes yeux, grandement liées aux interprètes. Ce sont eux qui, en dépassant leur technique, les permettent. Un danseur n’est pas qu’un technicien : un danseur est un interprète (à ce sujet aussi, Alina à remarquablement écrit).

Giselle d’abord. Je n’aurais point vu Amandine Albisson, mais je ne le regrette pas, car il me semble que sa forte personnalité, sa jeunesse, sa vitalité ne peuvent s’effacer au point de nous livrer une Giselle crédible (rappelons que la donzelle est une sage petite, naïve et cardiaque).

J’ai eu le bonheur de voir Dorothée Gilbert, aux côtés de Vadim Muntagirov (aka Monte-à-girafe) d’abord, et de Mathieu Ganio ensuite. Tout comme elle m’avait ravie en Juliette, elle m’a conquise en Giselle : petite fille douce et pétillante aux yeux écarquillés, elle était convaincante aussi bien vivante que morte.

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Dorothée Gilbert et Vadim Muntagirov

 

 

 

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Dorothée / Giselle, folle de douleur

Était-ce parce que je m’imprégnais de plus en plus du ballet, mais Eléonore Guérineau, à qui l’on a offert le rôle un dimanche en matinée, et que je n’aimais guère jusqu’à présent, m’a séduite. Petite Giselle électrique à la danse tonique, elle a su très vite gérer son trac et se laisser aller à être son personnage. Sa performance spectrale a elle aussi été tout a fait crédible. Peut-être aurait-il fallu un petit quelque chose de plus raide dans la nuque, je ne sais même pas trop quoi, pour égaler la première… Mais c’était un plaisir. Un plaisir aussi de voir ces « petits jeunes » à qui l’on offre ce rôle, cette scène rien que pour eux, pour une fois. Moi qui avait du mal avec le physique de cette toute petite ballerine aux formes plus développées que ses consœurs, j’ai était emballée par sa danse, son cou de pied, sa tonicité et sa précision. Les compliments adressés à la sortie des artistes ce jour-là n’étaient pas flagornerie.

 

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Eléonore Guérineau

 

 

 

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Giselle pête un plomb

Et puis, il y a eu Myriam…

Myriam, fragile, juvénile, tendre puis dévastée dans l’acte 1, spectrale dans l’acte 2.

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Myriam Ould Braham

 

 

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Myriam Ould Braham & Mathias Heymann

 

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Elle était parfaite, si parfaite, à chaque instant, que je n’ai rien d’anecdotique à vous en dire. Jeune, charmante, douce, tendre, désemparée, dévastée. Morte. Angélique. Divine. Comme son pardon.

Et enfin, Ludmila Pagliero, qui pour ma part m’a ravie. J’aime passionnément ses pieds (son cou de pied, son arche, la finesse de ses chevilles).

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Mais il faut aussi parler des Myrtha ! La très (trop ?) présente Valentine Colasante, autoritaire cheftaine, Fanny Gorse, la jeune première au trac apparent, mais aux bras si longs et si charmants…

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Fanny Gorse

Et puis Héloïïïïïse Bourdon, merveilleuse, frêle et glaciale, implacable…

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Héloïse Bourdon

Heloise Myrtha 2

Heloise Myrtha

Heloise Myrtha

Et enfin Hannah O’Neill, tout simplement impériale.

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Giselle-Amandine Albisson et Myrtha-Hannah O’Neill

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Pied Hannah
Le pied d’Hannah…

 

 

Voilà, il faudrait aussi parler des garçons, mais je n’ai plus le courage. Mathieu Ganio était princier, comme d’habitude, Mathias Heyman insouciant et bondissant, Muntagirov exotique et puissant, Arthus Raveau très bien aussi… Je n’ai même plus le courage de vous parler des entrechats 6…

 

https://www.youtube.com/watch?v=MYKAGa6i21Y

 

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A bientôt Giselle…

2 réflexions sur “Giselle…

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