La dernière farce de Brigitte – 21 février 2015

Oh ben je t’ai pas encore raconté ma soirée de lundi ! Excuse-moi, je sais combien ça te manque. Alors voilà :

J’avais pourtant dit que je ne me ferais plus avoir. J’avais dit : « plus de contemporain ».

Et puis j’ai oublié, et je me suis retrouvée assise à Garnier pour le dernier « triple bill » concocté par Brigitte Lefebvre…

 

Répliques
Eéééééh oui…
Tout d’abord, il y avait une pièce de Nicolas Paul, « Répliques ». 
Tout ça vient sûrement du fait que je ne suis pas assez cultivée, mais crois-le si tu veux, j’ai trouvé ça tellement pénible que… je me suis endormie ! Bon pas à ronfler, mais à fermer les yeux quand même…
Pourquoi cet ennui ? D’abord à cause de la musique, de Gyorgy Ligeti (ma voisine, critique sur les Internets, avait l’air de le connaitre, ce malfra ; vous aussi vous le connaissez ?). Pour ma part, j’ai vécu cette « musique » (pour moi, ce n’est pas assez mélodieux pour être de la musique) comme une agression.
Vous voyez les enfants qui croisent un piano pour la première fois, et qui ne peuvent s’empêcher d’enfoncer les touches au hasard, de façon répétée ? Eh ben voila, c’est du Ligeti. Que les mélomanes me pardonnent, et m’expliquent aussi, parce que j’aimerais bien comprendre.
Tout ça illustré par des gesticulations toutes contemporaines, bien bien bien ancrées au sol hein, des fois qu’on s’envole faut faire attention, et boum… paupières qui tombent. Dingue.
De beaux danseurs pourtant, quel dommage…
Vous aurez donc compris que je ne pourrais pas plus avant vous donner mon avis cette affaire… Et ça n’engage que moi. J’éviterai juste, à l’avenir.
salut 1
« Salut » au début…
salut 2
« Salut » à la fin 🙂
Et puis soudain, le réveil, la joie, la curiosité, le tonus : « Salut », de Pierre Rigal.
En voila un ballet qu’il est bien, et rigolo, et curiositant, et pas trop insaisissable.
La thématique est centrée sur la champ lexiqual du mot Salut : l’action de saluer, le salut du peuple, le salut des âmes, le salut « sauvetage ».
Ca commence par une situation loufoque, qui me fait franchement sourire et sortir de ma léthargie : les danseurs, en deux rangs, habillés de costumes graphiques noirs ou blancs taillés dans une sorte de fin néoprène, viennent déjà nous saluer : la bande-son distille des applaudissements fracassants ponctués de bravos. Certains spectateurs, troublés, ne peuvent s’empêcher d’applaudir à leur tour. C’est rigolo, on attend la suite. Plus les danseurs saluent, plus leurs révérences « se morcellent », se déstructurent, se brisent, jusqu’à l’éclatement du groupe. Désarticulés, certains perdent leurs perruques, d’autres un morceau de leur costume, marchent sur la pointe retournée de leur pieds nus. Ils quittent la scène, ils quittent la fiction où ils évoluaient, mais se retrouvent dans un chaos dont il faudra qu’ils se sauvent.
Finalement plongés dans l’abîme, où une herse d’ampoules rouges vient les plaquer au sol, ils reprennent vie, trouvent un salut grâce à quelques-uns qui résistent mieux que les autres, et redonnent son énergie au groupe : le « corps » de ballet repart dans une spirale tonique et rétrograde, dans une course à reculons qui prend de la vitesse, et qui leur permet de reprendre leur course de chevaux sauvages, partant en de magnifiques grand jetés, libérés, débridés… Pour finir, ils se sauveront tous, et reviendront nous saluer en paix, échevelés et habillés sans dessus-dessous, mais aussi heureux que le spectateur.
Un beau groupe homogène où les étoiles (Bélingard, Pech) se fondent avec humilité parmi « les plus petits » (et la joie de voir Takeru Coste, mon chouchou, qui par sa gestuelle toute nipponne excellait dans cette pièce) (oui, je sais, j’ai beaucoup de chouchoux. Mais ils n’ont pas tous le même usage).
 
Together alone
Aurélie Dupont & Marc Moreau
En bonus, la surprise du chef, que vous aurez peut-etre déjà vue sur France 2 lors de l’émission hommage au Grand Echiquier : Together Alone, de Sa Gravure de Mode Benjamin Millepied. Part sa Grâce Aurélie Dupont et son adorable petit Marc Moreau.
Tu vas me dire que je suis de parti-pris, c’était pas mal, mais c’était… aseptisé. Voilà, c’est exactement ça : aseptisé. Et je ne vous parle même pas des costumes… Même pour être contemporain et décontracté, y avait peut-être autre chose à envisager que le jean et le débardeur pourrave, NON ? Bref…
Tu te souviens (ou pas ?) de ce que je pensais du « Baiser qui tourne », dansé par Benjamin pour la pub Air France ? (Je t’avais mis d’autres liens pour que tu vois la différence avec « le vrai » baiser qui tourne de Preljocaj, par Aurélie Dupont et Manuel Legris). Où je t’avais démontré combien Benjamin faisait le job, et combien Aurélie et Manuel nous emportaient dans la passion (et que t’avais intérêt à être d’accord avec moi) ? Et bien là pareil. C’est exécuté, mais pas vraiment interprété. Enfin c’est mon avis. Je ne sais pas si c’est la culture américaine qui l’a imprégné qui fait ça. Mais moi, ce n’est pas de la danse désinfectée et sous blister que je veux voir. Au minimum, je veux de la sueur, des pleurs, des rires, des larmes, de la passion, merde quoi ! Pas Aurélie qui explique la vie à son petit cousin (pauvre Marc Moreau dans les bras de sa cougard ; mais là encore, on est plus dans le baby sitting que dans le « Mrs Robinson », rien à voir avec un couple Fonteyn Noureev qui savait gommer la différence d’âge…) avec un sourire attendri. A sa décharge, ce n’est pas Marc mais Hervé Moreau qui devait danser avec Aurélie (ils ont le même âge), mais comme d’habitude, il a fait deux soirées, il s’est blessé et on ne va plus le voir pendant 6 mois. Les seuls qui voient danser Hervé Moreau depuis des années, ce sont les maîtres de ballet pendant les répétitions. Et c’est bien dommage pour nous car c’est un très beau danseur.
Andréauria
Andréauria, d’Edouard Lock
Je ne saurais quoi en dire, je n’y ai rien compris.
Il y a des gens, assez élégants (jolis justaucorps noirs pour les filles, costumes pour les garçons) qui exécutent à toute vitesse des gestes découpés, ils ont l’air très décidés, un peu agressifs parfois. Il doit y avoir un rapport de force entre certains, mais je n’ai pas bien compris. Reste alors à se délecter, individuellement, du plaisir de voir Alice Renavant, Stéphane Bullion, Mathias Heymann, Germain Louvet… et attendre que ça finisse.
Jeudi prochain, je vais voir une création de John Neumeier, dont j’avais tant aimé la « 3ème symphonie de Mahler », avec ma Petite Princesse qui j’espère appréciera. On vous racontera !
Voilà, bisous bisous !

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