Iolanta / Casse-Noisette – 28 mars 2016

Привет !  (Bonjour !)



Bon, Casse-Noisette, ça casse pas 3 pattes à un canard…

Pardon.
Pas pu me retenir.

Pour pouf.

Si la mise en scène était vraiment bien (parce que j’ai tout compris, et que c’était explicite), la chorégraphie, Man Dieuuuuuu Man Dieuuuuu….


Iolanta, pour moi qui n’avait jamais entendu d’opéra en vrai, c’était bien, et court, ceci explique peut-être cela… En plus, il y a des sous-titres ! Enfin des sur-titres, en haut de la scène. Du coup, j’ai tout compris.


Iolenta 1

L’opéra, Iolanta au milieu



Iolanta, fille du roi de René, est aveugle de naissance. Pour la protéger de son infortune, son père (où est passée sa mère, je me suis posée la question pendant 1 h 30) son père donc l’isole dans une belle demeure loin de tout, et nul ne doit évoquer ce qu’elle ne peut éprouver : la vision. Elle reste donc dans l’ignorance de son handicap, tout en souffrant d’un manque qu’elle ne peut nommer. Débarque Robert et Vaudémont : Robert lui est promis depuis leurs naissances, mais il en aime une autre. Vaudémont l’aperçoit et il en tombe raide dingue. 
Sur ce, Papa René arrive avec un médecin maure meilleur que tous les autres, puisqu’il vient de très loin, qui lui déclare que sa fille ne pourra recouvrer la vue que si et seulement si elle a conscience d’être aveugle et veut ardemment retrouver la vision.
Après quelques péripéties, tout fini pour le mieux : Robert est libéré de son engagement, Iolanta retrouve la vue et Vaudémont obtient sa main.

J’ai bien aimé la mise en scène de Dmitri Tcherniakov (qui est donc metteur en scène et pas chorégraphe, ignare que je suis) : pour organiser ce diptyque (et probablement retenir un moment, de force, les amateurs d’opéra pour les premiers moments du ballet -qui ne sont pas les meilleurs), la scène, dont les proportions ont été réduites pour la partie opéra, se révèle être située dans le salon des parents de Marie (et non pas Clara, sait pas pourquoi), l’héroïne de Casse-Noisette. Iolanta a été donné pour son anniversaire, s’ensuit remise de cadeaux et surprise-partie (en lieu et place du réveillon de Noël dans la version usuelle, donc). Surprise-partie chorégraphiée par Arthur Pita.

Comment vous dire : je n’en n’ai rien retenu qu’une impression de comédie musicale, joyeuse certes, mais vide. Et sans danse. Sans danse pour des danseurs de ce calibre, veux-je dire. Le niveau zéro de la danse, si vous voulez. 
Bref, pendant la fête, le cousin Robert présente à Marie son ami Vaudémont, jeune homme roux et timide qui subjugue Marie (et tient donc le rôle de l’oncle Drosselmeyer).

Iolanta 2

La Boum

Et donc, là, commencent les dégâts : pour une seule partition, 3 chorégraphes ont été convoqués, ce qui nous permet de voguer du pire (avec Lock) au… pas trop mal (avec Cherkaoui).

Si comme dans la version classique, ce Casse-Noisette va nous faire vivre le cauchemar de Marie (Clara), on est loin du cauchemar enfantin avec Prince et bataille de Jouets contre Rats. Là, c’est beaucoup plus lourd et morbide : après la fête, alors que chacun est parti, Marie se retrouve seule avec Vaudémont. Mais bien vite tous reviennent, le visage sombre ou hagard, menaçant toujours (et surtout, démembrés dans une danse hystérique, répétitive et pour tout dire, soulante-gavante, organisée (quoique ?) par Edouard Lock). On comprend qu’ils en veulent au jeune couple, qui cherche à les éviter alors qu’on leur barre la route. Puis soudain, avec fracas, tout s’écroule au sens propre : la maison s’effondre, et une masse de gravas (en polystyrène, rassurez-vous) tombe des cintres.

   lolanta 3

 

 

 

 

 

Iolanta 4

Les gravas, Marie et Vaudémont



Avec bonheur, Sidi Larbi Cherkaoui prend le contrôle des gesticulations et offre un joli pas de deux dans les gravas (remarquable handicap technique pour les danseurs, je trouve), avec de jolis portés et une structure fluide du mouvement (d’autant plus après la crise nerveuse de Lock) au terme duquel, malheureusement, Vaudémont meurt, laissant Marie incrédule et dans le déni. Il ne peut être mort, elle va partir à sa recherche.


Iolanta 5

La « Valse des Flocons »



Au son de la Valse des Flocons, Marie erre dans l’obscurité, parmi des gens en souffrance, dans le froid, elle simplement vêtue de sa robe légère et solaire. Puis elle atteint une forêt, ingénieusement matérialisée par une projection vidéo sur les 3 murs de la scène, et les commandes sont rendues à Edouard Lock, qui tout simplement nous ressert une rasade des gesticulations déjà vues. Marie y voit 5 Vaudémont, tous insaisissables, puis dans une foule de jouets géants, c’est elle-même démultipliée et hystérique (oui, je sais, je l’ai déjà dit) qu’elle rencontre. Que dire de ces démangeaisons obsessionnelles qui assaillent ces pauvres Marie pendant tout le temps du « Divertissement », où l’on espère qu’elle va enfin cesser de se gratter ainsi la poitrine et les cuisses en remontant sa jupe sans fin comme une démente… Oui, ça va, on a compris, elle est en pleine puberté et ça la démange… Mais bon, 10 mn comme ça, c’est long.

Iolanta 6

Les jouets, et les Maries qui se grattent 
(notez le trait d’humour de metteur en scène russe sur le casque des petits cosmonautes)


Fort heureusement, on rend les rennes à Cherkaoui pour la Valse des Fleurs : des couples de Vaudémont-Marie tournoient autour de l’héroïne, ils ont 20 ans, puis 40 avec leurs enfants, puis vieillissants et séniles… Dans une ultime apparition, Marie rejoint Vaudémont dans un beau pas de deux, très émouvant, à la fin duquel elle doit se rendre à l’évidence : il est bel et bien mort. Enfin, et comme Dieu merci tout cauchemar a sa fin, les souffrances et le rêve de Marie s’achèvent quand une météorite flamboyante s’abat sur elle… la laissant s’éveiller dans le salon de ses parents, seule, désespérée, pleurant sa peine et sa frustration, à jamais transformée. 

Bonjour l’anniversaire et la sortie de l’enfance, la pauvrette

A demain !  🙂


Iolanta 7

Un peu de grâce, beaucoup de détresse (merveilleuse Marion Barbeau)

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