Chaud devant – Saint Valentin : Epate l’objet de ton affection avec ton immense culture Internet – 8 avril 2013

Ce matin j’étais de mauvaise humeur : hier soir, suis allée en plein Paris pour me taper un cours de danse SANS MUSIQUE. Dans un endroit ULTRA snob. Qui doit louer ses studios whatmilledollars à ma prof. J’veux bien être passionnée, mais y a des limites. Par contre, maintenant on est vraiment sûrs que la prof sait compter jusqu’à 8 : elle l’a fait pendant une heure et demie. Bref, j’étais frustrée et pas détendue.

Alors j’ai mis de la « musique musicale » (traduire « classique » © Jeune Prince) pour me détendre dans ce monde de brutes. Bien loin de moi l’idée de vous faire croire que j’ai de la culture auriculaire : je n’en n’ai point, j’ai juste acheté le « best of Mozart » sur ITunes (si si camarade, j’te jure, les best of de Mozart ça existe. Ça tient en 100 morceaux tout pile, le reste c’est de la merde, tu t’en doutes). Mais je m’égare, comme d’habitude.

Bref, nous y voici : le concerto pour piano n° 23, adagio. Qui ne sera jamais, pour moi, autre chose que la musique du merveilleux moment du ballet « Le Parc », d’Angelin Preljocaj (tu prononces « Preliotchaï » si tu veux pas passer pour une buse). Précisément : le dernier pas de deux de l’acte III (mais non je ne le connais pas par cœur, t’es bête ! J’ai regardé la jaquette du DVD !).

Le Parc est une pièce* créée par Angelin Preliomachin (même pour moi c’est trop dur à taper) en 1994 pour le Ballet de l’Opéra de Paris (petite génuflexion). Elle décrit, dans un décor épuré et des images modernes (les jardiniers-cupidons du jardin romantique ressemblent à des ouvriers sidérurgistes. Ou des maréchaux-ferrants, je sais pas trop) les rapports amoureux et la passion, selon une carte du tendre interprétée.

Donc, il faut te farcir la carte du tendre pendant les 3 premiers actes (nan mais c’est bien aussi, hein), et enfin, à la fin du 3ème acte, le monsieur et la dame sont sur le point de conclure : c’est « l’Abandon ».

Contrairement à ce qu’Euro RSCG a voulu te faire avaler avec sa pub Air France, ce moment de danse n’exprime pas du tout « l’envol » et la quiétude, mais plutôt la passion amoureuse dans ce qu’elle a de plus exalté, dévorant, consumant. Et l’abandon, son danger et son infinie valeur. S’il faut reprendre une métaphore aérienne, on est plutôt dans la bourrasque, voire la tourmente, que dans la brise tranquille et printanière.

J’y vois personnellement autant de souffrance que de bonheur. Ils s’attirent tellement qu’ils ressentent déjà l’immense dépendance, l’affreuse douleur que cette fusion va leur faire vivre (c’est justement ce que notre petite Kaguyahime voulait éviter la semaine dernière ! Comme quoi finalement, j’ai de la suite dans les idées). Vous me direz si je me trompe en voyant vous même, ce n’est pas marqué dans le programme tout ça. Enfin j’en sais rien, j’ai pas le programme.

C’est beau et déchirant. Vibrant. C’est brrrrr grrrr.

Enfin moi, ça me fait ça.

Lecteur, mon chou, si en voyant ce qui suit dans les liens vers le Youtube, tu n’as même pas un petit frémissement, une petite chair de poule – ou alors carrément envie d’aller faire des trucs à une personne du sexe opposé, ou du même que le tien si tu préfères, j’étais pas à la manif’ des homophobes, tu fais comme tu veux – alors dis-moi tout de suite d’arrêter de t’importuner avec mes mails. Parce que t’es vraiment perdu pour la danse (et je me demande même si tu esquisses un sourire devant les lol-cats. Enfin en même temps c’est pas le même registre).

Bref, en voici la magnifique interprétation, par la déesse Aurélie Dupont (quelle soit bénie – grande génuflexion) et son remarquable et non moins merveilleux partenaire Manuel Legris (que cet homme est beau tant qu’il ne parle pas – grande génuflexion aussi). Je trouve qu’ils sont les plus humbles, les plus humains, les plus charnels, les plus naturels et les plus « lisibles » des interprètes de ce pas de deux. Et bien sûr, pas d’enregistrement DVD en vente : L’Opéra de Paris semble curieusement répugner à faire de l’argent en vendant les enregistrements de ses propres productions. Par contre, il veut bien t’estourbir à chaque abonnement, hein. Bref.

Par le lien ci-après, tu verras le pas de deux dans son intégralité (8 mn – t’as bien 8 mn le WE quand même ?!) : http://www.youtube.com/watch?v=SUaMJ_xGK9o

Ici, le « best of » (mais là je te garantis pas l’orgasme, faut pas rêver non plus t’es marrant toi tout tout de suite ahlala) : http://www.youtube.com/watch?v=foWCSYY5l6E

Mon Dieu qu’ils sont beaux… Brrrr Grrrr etc.

Pour que vous vous fassiez votre propre idée, je vous mets aussi la version Isabelle Guérin (c’est dingue qu’elle s’appelle comme moi et que je danse pas comme elle !!! C’est donc pas téléchargé dans le patronyme le talent ? Ou même la souplesse d’ailleurs, ça m’aurait suffit pour ce que je fais…) et Laurent Hilaire (aka « je-danse-super-bien-mais-je-le-sais, et j’aime bien qu’on me regarde »). Ce sont eux les premiers à avoir pris le rôle : http://www.youtube.com/watch?v=rKP6Hrk2kss  (le « tour de manège » est à 5 m 20, rustre impatient).

Et bien sûr, la version Benjamin Millepied (aka le français qui a épousé Nathalie Portman, que je n’ai vu danser que dans cette pub, mais qui m’a l’air d’un pur produit américain, bien aseptisé. Il sera néanmoins Directeur de la Danse de l’Opéra de Paris dès septembre 2014. C’est probablement pas avec lui qu’on va dépasser les deux ballets classiques par saison. Mais je parle sans savoir, laissons lui une chance avant de râler), et sa copine Machine que je connais encore moins : http://www.youtube.com/watch?v=J6bGnSEwdKY

Y a un beau décor, c’est sûr, mais c’est froid, mécanique, sans pulsion… Ben si ! Tu vois pas ? Au début, on se demande même si elle ne sent pas l’ail tellement il a la nuque raide ! Oh, et puis elle marche mal Machine ! Comment ça j’exagère ? Ah oui, peut-être un peu…

Voila, désormais grâce à moi, tu peux dire « si, des fois, j’aime bien le contemporain ». Un jour, je te parlerai d’Appartment, de Mats Ek, et tu aimeras encore plus.

C’en est fini de mes élucubrations (très – trop) digressives pour ce WE.

Bisous bisous, yassas, bye bye, arrivederchi, adeus, kénavo, hallo, adios (si j’ai oublié quelqu’un, qu’il se manifeste).

______________

* Le savais-tu ? on dit « pièce » au lieu de « ballet » pour le contemporain. Ah ça, avec moi, tu vas briller dans les dîners en ville !

PS spécial pour MadameMaMaman : non maman, j’t’assure, j’me drogue pas. Et quand je bois, je dors, alors t’inquiète pas. C’est la danse, tu sais bien.

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